Les grottes de Maraa

La mer est magnifique, mais je reste fascinée par l'intérieur de l'île, les vallées, les montagnes, la forêt luxuriante et ce qu'elle cache.

Nous sommes donc allés nous promener du côté des grottes de Maraa, à Paea.

Le nom de Mara’a signifie « portable » ou encore « supportable » et au regard de la falaise qui surplombe le site avec son énorme porte à faux on en comprend bien le sens étymologique.

Le site est très facile d'accès et se visite assez rapidement. C'est tout de même un petit écrin de verdure qui recèle de bien des secrets.

 

Bjarne Kroepelien (ancien négociant en vin Norvégien venu s'installer à Tahiti

au début du XXe siècle) décrit la grotte de Maraa en 1918 dans son ouvrage Tuimata :

"Le long d’une paroi abrupte, au bord du chemin, il y avait une grotte. Des fougères odorantes s’accrochaient au flanc de la montagne et formaient presqu’un tapis qui recouvrait la roche. L’eau y était fraîche et claire. L’endroit me parut favorable pour un bain, mais alors que je me déshabillais, arrivèrent quelques jeunes garçons qui paraissaient tout à fait effrayés parce que je voulais me baigner là.

— C’est plein de tupapa’u, dit l’un, et quand je demandais de quelle sorte de tupapa’u il s’agissait, il répondit :
— C’est plein des morts, comme ça.
C’était étrange. Peut-être allais-je provoquer

les Tahitiens en me baignant dans une grotte où ils avaient autrefois caché leurs morts, et j’étais sur le point de renoncer à ce projet quand arriva un autre Tahitien, qui dit qu’il y avait des fantômes qui habitaient là, mais qu’ils ne devaient pas être de la pire espèce car, il y avait très longtemps, deux Français en pirogue étaient partis ramer dedans. Quelqu’un qui s’y était baigné avait dit que, plus on nageait vers l’intérieur, plus l’eau était froide et que cela devait être terrible tout au fond.
J’ai plongé tout de même.
La grotte avait 60 à 70 mètres de long et autant de large. J’ai nagé vers l’intérieur et l’eau était à la même température.
Restés à l’entrée, les garçons regardaient, mais personne n’a voulu me suivre."

Un lieu empreint de légendes et de vie sauvage où les fleurs aux couleurs étonnantes poussent dans chaque recoin. 

 

Le site se compose de quatre grottes : Ana Pāero, Vaipoiri, Matavae & Puahotu. 

La plus grande est Ana Pāero (ana = grotte ; pāero = barrique/tonneau). Elle a la particularité d’offrir aux visiteurs un effet d’optique lié à l'arrondi de sa voûte.

En effet, si personne ne se baigne dans son lac intérieur cristalin vous aurez l’impression que la grotte n’est pas très profonde, alors qu'elle mesure en réalité 80m de long.

L'endroit semble ne pas avoir changé avec le temps, si ce n'est les aménagements touristiques : petite boutique d'artisanat au bord de la route et un stand de fruits (dont des nouveautés pour nous : les pommes étoile). Et aussi le fait que la baignade est maintenant interdite alors qu'auparavant résonnait le doux son du ukulélé qui accompagnait des nombreuses familles venues ici se baigner lorsqu'il faisait trop chaud.

L'endroit offre également un petit aquarium en bord de mer que les enfants apprécieront. On peut y voir des petits poissons de toutes les couleurs jouer dans les coraux sans même avoir besoin de se mouiller les pieds! 

Les grottes de MaraaLes grottes de Maraa
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