Nous quittons l'anse Majic sous une légère brise et contournons l'îlot Casy pour nous enfoncer au plus profond de la baie de Prony, à la recherche des sources d'eau chaude de la baie du carénage.

La baie de Prony porte le nom du navire à vapeur le Prony qui procéda aux relevés hydrographiques de ses fonds entre 1853 et 1855. C'est une véritable mer intérieure.

Le paysage qui s'offre à nous est caractéristique du Sud calédonien, très riche en minerai de fer et de chrome, donnant à la terre cette teinte rouge, que vient souligner le vert de la végétation, et en particulier des pins colonnaires, très répandus dans cette baie.

Nous quittons l'espace océanien pour suivre un bras de mer qui s'est tracé un chemin sinueux entre les montagnes, jusqu'à l'embouchure de la Rivière Bleue.

Nous passons devant l'aiguille de Prony : une curiosité unique au monde qui a été découverte en 1979 par des spécialistes de l’Orstom. l’Aiguille de Prony est une énorme cheminée prenant racine à 35 mètres de fond et s’élevant à 6 mètres sous la surface. C’est une concrétion couverte de coraux multiples très colorés. Les plongeurs la comparent à un immense clocher d’une cathédrale hérissé de plusieurs petits clochetons. Au sommet de chacun de ces petits clochers, il y a un orifice par lequel coule l’eau douce des sources marines, qui tranche sur l’eau de mer avoisinante.

Nous longeons ensuite le petit village de pêcheur où nous avions rencontré un an auparavant un javanais et son ami Robert.

Au fond de la baie, un bateau est au mouillage. Nous décidons de jeter l'ancre à côté, dans ce petit cirque de verdure.

Les fonds boueux du Sud n'étant pas clairs, nous avançons avec prudence à pas de fourmis... jusqu'à l'immobilisation totale.

Les fonds remontent d'un coup, et nous ne l'avons pas vu venir. Nous voilà envasés!

Moteur arrière à fond. Rien de bouge. Nous faisons appel à notre voisin qui se prépare pour une petite chasse sous marine afin de lui demander de l'aide.

Avec son annexe, il pousse la proue de Jojo pour le dégager doucement de son écrin de boue. Et ça marche! Nous voici à nouveau libres!

Nous jetons l'ancre un peu plus loin et remerciant mille fois la providence de nous avoir fait rencontré Jacky.

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